introduction, prélude à la chronique, situation, spéciale dédicace

Sept péchés capitaux et une seule solution

Il y a des groupes qui débarquent sur la scène heavy metal en s’excusant presque d’exister.

Et puis il y a SEVEN METAL SINS, qui posent leur premier album complet sur la table avec l’élégance d’un marteau de guerre balancé à travers une vitrine. Pas de fioritures, pas de génuflexion devant les modes du moment, juste du heavy metal européen, droit dans les bottes, chanté fort et joué plus fort encore. Bienvenue dans Legacy of Chaos.

L’histoire commence en avril 2024, quand Stéphane Lacoude (basse) et Patrick Soria (batterie),  tous deux ex-membres de Manigance groupe de power métal Français, décident de se retrouver avec une idée simple en tête, revenir à un métal plus direct, plus personnel, sans compromis. Autour de cette section rythmique aguerrie viennent se greffer le guitariste Antton Iriart, le chanteur Claw-G. (Clovis Gay à l’état civil) et le second guitariste Frédéric Auclerc. Le line-up est bouclé, et il ne reste plus qu’à allumer la mèche.

Le résultat sonne comme un savant dosage entre le heavy metal classique, le power metal et le speed metal old school, avec cette petite touche de production moderne qui évite l’effet « musée du genre ». Les références qu’eux-mêmes revendiquent ne trompent pas, Accept, Primal Fear, Judas Priest, Titan, Helloween…

Le parcours avant l’assaut final et la consécration :

Avril 2025 : premier single et clip officiel, « Hypocrisy », une déclaration d’intention brute sur les contradictions de la société.

23 mars 2026 : sortie de « Wolves of the Last Dawn », premier extrait officiel de l’album à venir, avec son riff épique qui sent bon le Helloween période Keeper of the Seven Keys croisé avec Accept.

Mai 2026 : dévoilement du clip de « Eternal Downfall », morceau qui consolide l’approche sans concession du groupe entre riffs tranchants et intensité brute.

5 juin 2026 : sortie mondiale de l’album complet Legacy of Chaos, chez Rockshots Records (référence catalogue RSCD252, digipak CD).

Un an et quelques mois entre le tout premier single et l’album complet, pas de quoi laisser le temps à l’ennui de s’installer.

Le groupe possède trois clips à son actifs :

« Hypocrisy » – le clip qui a lancé la machine, avril 2025.

« Wolves of the Last Dawn » – premier single tiré de l’album, mars 2026.

« Eternal Downfall » – vidéo officielle sortie en mai 2026, à quelques semaines de l’album.

Trois clips avant même la sortie complète, SEVEN METAL SINS ne joue clairement pas la carte de la discrétion, et on ne va pas s’en plaindre.

L’album est sorti le 5 juin 2026 via Rockshots Records, mixé par Jérémie Garat (Reseda Prod) et masterisé par Simon Capony (Basalte Studio), une équipe qui a visiblement pris soin de garder de la clarté et du punch sans sacrifier l’énergie brute des morceaux. Niveau accueil critique, le disque tourne autour de bonnes notes chez les webzines spécialisés (Angry Metal Guy lui donne 3/5 en saluant un album qui « gagne en momentum » au fil des pistes, tandis que Dead Rhetoric et The Nwothm sont nettement plus enthousiastes sur la précision d’exécution du groupe pour un coup d’essai).

Petit délice d’ironie pour la route, un groupe qui chante « l’effondrement environnemental, l’instabilité sociale et la dérive autoritaire » en costume de gaz-mask sur la pochette, sort son disque en pleine actualité anxiogène. On appelle ça du marketing organique, ou de la malchance cosmique, au choix à vous de juger.

Track by track

  1. The Fall (Intro) – 0:57 Une intro atmosphérique, sons désolés et nappes tendues, histoire de planter le décor d’un monde qui part en vrille avant que les guitares n’entrent en scène et ne mettent le feu aux poudres.
  2. Scars of Injustice – 4:35 Entrée en matière frontale, riffs costauds, solos qui grimpent haut, refrain qui reprend le titre du morceau en mode marteau-piqueur. Le genre de titre fait pour être hurlé en concert dès la première écoute.
  3. No Sanctuary – 4:22 Une intro presque progressive qui cache son jeu avant d’exploser en attaque façon Judas Priest/Helloween période speed. Il y a même des passages chantés en chœur qui frôlent le festival de la fosse, avant de revenir à des riffs bien costauds à pogo.
  4. Hypocrisy – 4:07 Le tout premier single du groupe, sorti dès avril 2025. Exploration sans filtre des contradictions sociétales, portée par une des lignes de chant les plus directes de l’album.
  5. Eternal Downfall – 4:57 Tension, urgence, intensité brute, le morceau qui a servi de deuxième clip officiel confirme que le groupe sait aussi jouer la carte de la noirceur sans perdre en efficacité.
  6. Feel the Steel – 4:20 Un titre qui ne cache rien de son programme, heavy metal pur jus, fait pour headbanguer sans réfléchir.
  7. Wolves of the Last Dawn – 4:36 Premier single officiel de l’album, et sans doute l’un des sommets du disque : riffs épiques à la Helloween qui rencontrent la rigueur d’Accept. Le morceau qui donne le ton d’un album qui ne regarde pas en arrière avec nostalgie, mais qui réaffirme plutôt la pertinence du heavy metal, point final.
  8. Beyond the Breaking Point – 4:01 Un pur rouleau compresseur, sans temps mort, sans concession, le genre de titre qui ne demande pas la permission avant de foncer.
  9. Sun Eaters – 5:00 Introduction mélodique aux cordes avant un décollage à pleine vitesse, dans la veine d’un Judas Priest contemporain. L’album continue de monter en intensité, morceau après morceau, comme s’il refusait de lever le pied.
  10. Rise of the Phoenix – 3:55 Titre un brin cliché sur le papier, mais largement compensé par l’un des meilleurs refrains du disque et un tempo médian qui frappe comme un uppercut bien senti.
  11. King of Sorrow – 6:25 La ballade puissance qui referme le bal, et la piste la plus longue de l’album. Guitares claires en ouverture, montée en distorsion progressive, structure qui grimpe crescendo vers un final dramatique et soigné. Une conclusion épique qui boucle la boucle sans fausse note.
photo album 1

La pochette est signée Marco Orlando, et elle ne fait pas semblant. On y découvre une ville en ruines, ciel écarlate saturé de fumée, carcasses de voitures calcinées et crânes éparpillés dans les gravats, un tableau post-apocalyptique dans la plus pure tradition du genre. Au centre, une silhouette casquée d’un masque à gaz, assise en tailleur au milieu du chaos, tient contre elle… un jouet mécanique en forme de tête de robot, façon peluche steampunk abandonnée. Un bras cybernétique dépasse de la manche, dernier vestige d’humanité augmentée dans un monde qui n’a manifestement plus grand-chose d’humain.

Au-dessus de la scène, un crâne géant se dessine en filigrane dans les nuages de fumée memento mori à l’échelle industrielle. Le titre du groupe s’affiche en lettres métalliques cabossées, comme forgées dans la même ferraille que le décor.

Le message est limpide et colle parfaitement au propos lyrique du groupe, effondrement environnemental, dérive autoritaire, instabilité sociale, mais au milieu de tout ça, un geste presque tendre, celui de serrer contre soi ce qui reste d’attachement dans un monde à l’agonie. C’est du métal apocalyptique classique dans la forme, mais avec ce petit supplément d’âme qui évite le cliché pur et dur. L’espoir est permis tout de même !

SEVEN METAL SINS signe avec Legacy of Chaos un premier album qui ne cherche pas à réinventer la roue, mais qui la fait tourner à très haute vitesse, avec métier et sans temps mort. Onze titres, quarante-sept minutes, zéro remplissage. 

SEVEN METAL SINS est promis à un avenir prometteur et certain. Legacy of chaos est un gage de qualité. Une belle claque made in France.

Sylvain pour Metal Decadence