A Vallet, le Metal extrême se déguste en grand cru

Vingt-quatre éditions au compteur et une passion intacte pour le metal extrême ! Les 18 et 19 septembre 2026, le Muscadeath reprenait possession du Champilambart, à Vallet, en Loire-Atlantique, pour deux journées particulièrement musclées. Au programme, quinze formations, une première soirée placée sous le signe du black metal et un samedi entièrement voué au death metal. Avec les Norvégiens de 1349 et les Polonais de Decapitated en têtes d’affiche, Carnage Asso avait une nouvelle fois concocté une programmation aussi exigeante qu’alléchante. Un vingt-quatrième cru qui confirme la place particulière du Muscadeath dans le paysage du metal extrême.

Le Muscadeath, une histoire de passion et de fidélité

À quelques kilomètres de Clisson, sur les terres du Hellfest et au cœur du vignoble nantais, le Muscadeath cultive depuis plus de deux décennies une identité bien à lui. Loin des festivals démesurés, le rendez-vous organisé par Carnage Asso a su conserver cet esprit familial, cette proximité entre les artistes et les festivaliers, mais surtout cette volonté de défendre sans concession les musiques extrêmes.
Pour cette vingt-quatrième édition, plusieurs centaines de passionnés, amateurs de black metal, de death metal et autres joyeusetés sonores, avaient fait le déplacement jusqu’au Champilambart. Avec une capacité pouvant atteindre 1 500 personnes debout, la salle offre un cadre particulièrement adapté à ce type d’événement, permettant de profiter de concerts d’une intensité redoutable tout en conservant cette proximité qui fait le charme du festival.
Mais ce qui distingue véritablement le Muscadeath, c’est sa manière de construire ses affiches. Ici, pas question de simplement aligner les groupes de passage sur les tournées européennes. L’organisation privilégie notamment les prestations exclusives, ces fameux concerts one shot pour lesquels certaines formations font spécialement le déplacement à Vallet.
Un véritable casse-tête pour les organisateurs, entre les disponibilités des musiciens, les contraintes logistiques, les déplacements internationaux et les impératifs budgétaires. Mais le résultat est là : des affiches originales, parfois improbables, réunissant des groupes qu’il serait bien difficile de retrouver ensemble sur une même scène ailleurs en France.
C’est aussi cette particularité qui fait la réputation du Muscadeath, un festival devenu au fil des années un rendez-vous de référence pour les amateurs du genre, bien au-delà de nos frontières. Une belle reconnaissance pour une équipe de passionnés qui continue, édition après édition, à faire vivre la scène extrême avec une détermination qui force le respect.

Vendredi 18, MuscaBlack - les ténèbres s'invitent

Pour cette première journée, le Muscadeath avait décidé de voir les choses en noir. Prieuré, Galibot, Les Bâtards du Roi, Gorgon et Merrimack se succédaient avant de laisser les Norvégiens de 1349 prendre les commandes de cette grand-messe du black metal.

1349 en tête d'affiche de cette première journée
PRIEURE en oouverture du MUSCADEATH 24ème édition

Samedi 19, MuscaDeath - la deuxième journée Death Metal

Changement d’ambiance dès le samedi après-midi avec Repurgator, Fatal, Warside, Brutal Sphincter, Benighted, Master, Vomitory,  et les incontournables Decapitated, avant qu‘Infern ne vienne clôturer cette vingt-quatrième édition.

l'euphorie complète sur brutal sphincter

Une programmation particulièrement soignée, faisant la part belle aux valeurs montantes de la scène française sans oublier les formations plus expérimentées ni les poids lourds internationaux.
La première journée nous réservait notamment deux belles découvertes avec Galibot, emmené par une frontwoman à la présence scénique exceptionnelle, et Les Bâtards du Roi, dont l’univers médiéval et le black metal particulièrement agressif ont marqué les esprits. Sans oublier Gorgon, véritable valeur sûre de la scène française, et l’implacable machine norvégienne 1349.
Le samedi n’était pas en reste, avec Repurgator chargé d’ouvrir les hostilités, tandis que Fatal et Warside confirmaient tout l’intérêt d’une programmation attachée à la scène française. Benighted, fidèle à sa réputation, figurait également parmi les rendez-vous particulièrement attendus de la journée, tout comme les vétérans de Master et Vomitory.
Et pour couronner cette édition, deux têtes d’affiche de premier plan, 1349 le vendredi et Decapitated le samedi. Autant dire que les cervicales allaient être mises à rude épreuve !

BENIGHTED

FATAL

REPURGATOR

INFERN

Une organisation millimétrée et une production scénique qui franchit un cap

Avant même de revenir sur les prestations des groupes, impossible de ne pas saluer le travail accompli par Carnage Asso et l’ensemble des bénévoles. Cette vingt-quatrième édition aura une nouvelle fois démontré le sérieux d’une organisation parfaitement rodée, avec des horaires maîtrisés, des changements de plateau efficaces et une logistique qui permet aux concerts de s’enchaîner sans temps mort inutile.
Mais cette année, une autre évolution mérite tout particulièrement d’être soulignée : la qualité de la production scénique.
Les habitués du Muscadeath, et plus particulièrement les photographes, se souviennent certainement des éditions précédentes, où les éclairages particulièrement sombres rendaient parfois les prises de vue franchement compliquées. Si l’obscurité fait naturellement partie de l’univers du black metal, encore faut-il pouvoir distinguer les musiciens sur scène !
Pour ce cru 2026, le festival semble avoir définitivement pris le problème à bras-le-corps. Les éclairages gagnent considérablement en intensité et en précision, tout en conservant les atmosphères propres à chaque formation. Un travail qui permet de mieux apprécier les prestations, de mettre en valeur les musiciens et de donner une tout autre dimension visuelle aux concerts.
Même constat du côté du son, puissant, précis et parfaitement adapté aux exigences des différents styles proposés. Des ambiances glaciales du black metal aux déferlantes de blast beats du death, chaque formation a pu bénéficier de conditions à la hauteur de sa prestation.
Une évolution particulièrement appréciable, qui témoigne de la volonté des organisateurs de faire progresser leur festival sans jamais renier son identité.

Les valeurs montantes à suivre absolument

GALIBOT, Du charbon, de la mémoire et le black metal au fond des veines

Parmi les belles découvertes de cette première journée du Muscadeath XXIV, GALIBOT a livré une prestation particulièrement convaincante. 

Originaire de Wallers-Arenberg, dans le Nord de la France, le groupe puise son identité dans l’histoire des bassins miniers. Son nom fait référence aux « galibots », ces jeunes garçons qui travaillaient autrefois dans les mines de charbon. Un héritage ouvrier qui prend toute sa dimension sur scène, entre noirceur musicale et mémoire des gueules noires.
Difficile de rester insensible à la présence d’Agathe Boulanger, alias Diffamie, dont le visage et le corps noircis rappellent les mineurs remontant des profondeurs. Avec son chant puissant, rageur et particulièrement habité, elle impose une véritable présence scénique. Épaulée par Thomas Deffrasnes à la guitare et au chant, elle entraîne le public dans un black metal aussi brutal que mélodique, où les riffs incisifs, les rythmiques rapides et quelques influences death metal se conjuguent avec efficacité.
Musicalement, GALIBOT ne se contente pas de reproduire les codes du genre. Le groupe développe un univers personnel, où chaque composition semble raconter un fragment de l’histoire minière du Nord. Une démarche que l’on retrouve dans sa discographie, notamment avec Euch’Mau Noir, publié en 2024 puis entièrement réenregistré en 2026, et surtout Catabase, son nouvel album sorti en mai 2026. Désormais signé chez Les Acteurs de l’Ombre Productions, GALIBOT creuse une nouvelle étape dans son développement.
Sur la scène du Champilambart, cette identité prend toute sa force. Entre une présence scénique affirmée, une interprétation particulièrement intense et des compositions solides, les Nordistes ont parfaitement défendu leur univers. Une prestation de qualité qui confirme tout le potentiel de cette formation encore jeune.
Pour Metal Décadence, GALIBOT fait incontestablement partie des valeurs montantes du black metal français. Un groupe à suivre de très près, qui nous rappelle que, même plusieurs centaines de mètres sous terre, le metal peut trouver de quoi alimenter un sacré brasier ! 

LES BÂTARDS DU ROI : le black metal médiéval à la conquête du Muscadeath 2026

Sur la scène du Muscadeath, les Orléanais n’ont pas fait les choses à moitié. 

Vêtus de longues toges et dissimulés derrière des masques en toile de jute, les musiciens cultivent un anonymat qui contribue pleinement à l’atmosphère mystérieuse et médiévale de leur prestation.
Une mise en scène sobre, mais particulièrement efficace. Les silhouettes inquiétantes, les visages entièrement dissimulés.

Leur musique suffisent à transporter le public dans cet univers où se côtoient violence, obscurité et légendes médiévales. Musicalement, LES BÂTARDS DU ROI ne se contentent pas de leur univers visuel. Leur black metal repose sur des riffs rapides et incisifs, une batterie particulièrement énergique.
Régicide assure le chant principal et la guitare rythmique, épaulé par Æni à la guitare et au chant clair, tandis que Dæmonicus officie derrière les fûts. Barron figure également à la basse dans la formation annoncée pour leur prochain disque L’une des particularités les plus intéressantes du groupe réside dans cette alternance entre chant black Metal écorché et passages plus mélodiques. Le français est omniprésent, ce qui renforce le caractère narratif des compositions. On ne se contente pas d’écouter une succession de riffs : on entre dans une véritable histoire.
Au Muscadeath, cette combinaison fonctionne particulièrement bien. Les passages les plus agressifs côtoient des séquences plus atmosphériques, sans jamais faire retomber l’intensité. Une prestation solide, portée par une réelle cohésion musicale et une identité artistique déjà bien affirmée.

Decapitated - le couronnement du samedi soir

À 23 heures, place à l’un des moments les plus attendus du week-end. Les Polonais de Decapitated investissent la scène du Champilambart, bien décidés à rappeler pourquoi leur nom figure depuis près de trente ans parmi les références incontournables du Death Metal technique.
Et quelle démonstration !
Dès les premières notes, le ton est donné. Un son monstrueux, des riffs d’une précision chirurgicale, une section rythmique dévastatrice et cette puissance caractéristique qui fait toute la signature du groupe. Decapitated ne laisse aucun répit au public, enchaînant ses compositions avec une aisance déconcertante et une maîtrise technique impressionnante.
Devant la scène, la fosse répond immédiatement présente. Du premier au dernier rang, le public est embarqué dans un véritable déferlement sonore. Les riffs tranchants se succèdent, les rythmiques pilonnent et l’énergie déployée par les musiciens ne faiblit à aucun moment.
Fidèles à la puissance de leurs productions studio, les Polonais parviennent à retranscrire sur scène toute la brutalité et la complexité de leur musique, sans jamais sacrifier la précision au profit de la débauche sonore. Un équilibre redoutable, servi par une qualité de son qui permet de profiter pleinement de chaque accélération et de chaque passage technique.
Après près de trois décennies de carrière, Decapitated démontre qu’il n’a absolument rien perdu de sa force de frappe. Bien au contraire, le groupe livre une prestation d’une intensité remarquable, portée par une cohésion musicale et une énergie qui semblent défier le temps.
Massif, implacable et tout simplement grandiose ! Difficile de trouver suffisamment de superlatifs pour qualifier ce concert, véritable point d’orgue de la journée du samedi et incontestablement l’un des grands souvenirs de cette vingt-quatrième édition.
Il restait encore à Infern la lourde tâche de refermer les hostilités, mais Decapitated venait de placer la barre particulièrement haut.
À Vallet, on savait déjà apprécier les grands crus. Ce samedi soir, les Polonais avaient simplement décidé d’en servir un à très haute teneur en décibels ! 🤘

Report: Patt/Vinzcharp - photo: vinzcharp