Jeudi 24 septembre 2026, le 106 accueillait une soirée placée sous le signe de la puissance avec RISE OF THE NORTHSTAR en tête d’affiche, précédé de TEN56. et BAD SITUATION. Trois groupes, trois univers, mais une même volonté : faire monter la pression jusqu’à transformer la salle rouennaise en véritable chaudron.

Dès les premières minutes, le ton est donné. Pas question ici d’attendre tranquillement la tête d’affiche : chaque groupe va apporter sa pierre à l’édifice, avec une intensité allant crescendo jusqu’à l’arrivée de RISE OF THE NORTHSTAR.

BAD SITUATION - Deux musiciens, zéro temps mort

Chargés d’ouvrir la soirée, les membres de BAD SITUATION ont devant eux l’un des exercices les plus délicats du live : chauffer une salle venue principalement pour une grosse tête d’affiche.

Et le duo ne fait pas les choses à moitié.

Seulement deux musiciens sur scène, mais une puissance qui donnerait presque l’impression qu’ils sont deux fois plus nombreux. Il ne leur faut d’ailleurs que quelques morceaux pour réveiller sérieusement le public du 106.

Les premiers mouvements apparaissent rapidement dans la fosse. Les corps se rapprochent, les circle pits commencent à tourner et les slams se multiplient progressivement. Pour un groupe placé en première position sur l’affiche, difficile d’espérer meilleure réaction.

BAD SITUATION joue avec une énergie communicative et surtout avec une sincérité qui se ressent immédiatement. Pas de calcul inutile : le groupe attaque, donne tout et profite pleinement de chaque minute passée sur scène.

Le public répond présent et la température monte très vite.

Une ouverture particulièrement efficace, qui rappelle qu’une première partie n’est pas simplement là pour faire patienter avant la suite.

TEN56. - La masse sonore s’abat sur le 106

Avec TEN56., on change immédiatement de dimension.

Dès les premières notes, le son devient plus lourd, plus brutal et surtout beaucoup plus sombre. La formation impose une masse sonore impressionnante, associant puissance, maîtrise technique et une présence scénique qui capte immédiatement l’attention.

Pas besoin d’un long temps d’adaptation.

TEN56. frappe fort, très fort.

L’atmosphère devient presque suffocante par moments tant les morceaux semblent construits pour écraser tout ce qui se trouve sur leur passage. Les rythmiques massives rencontrent des passages d’une brutalité froide, tandis que le groupe conserve une précision remarquable malgré cette avalanche sonore.

Mais réduire TEN56. à sa seule violence musicale serait passer à côté d’une partie essentielle de son identité.

Sur scène, la puissance se nourrit aussi d’une véritable charge émotionnelle.

Il y a quelque chose de profondément brut dans cette musique, une forme d’authenticité sans filtre où tension, rage et émotions semblent constamment prêtes à exploser.

Et cette intensité se transmet immédiatement au public.

La fosse devient naturellement plus agitée, les mouvements plus importants et l’ambiance prend encore un cran supplémentaire.

TEN56. ne se contente pas de préparer le terrain : le groupe le retourne complètement.

À ce stade de la soirée, une question commence presque à se poser : jusqu’où peut encore monter la pression ?

La réponse ne va pas tarder.

RISE OF THE NORTHSTAR - Bienvenue dans les rues de Tokyo

Lorsque vient enfin le moment de RISE OF THE NORTHSTAR, le changement d’univers est immédiat.

Avant même l’arrivée des musiciens, le décor attire tous les regards.

La scène a été particulièrement travaillée et nous transporte directement dans une petite rue japonaise. Chaque élément semble participer à cette immersion, loin du simple décor posé derrière un groupe.

Pendant l’attente, des extraits d’anime et de city pop accompagnent le public.

L’idée est simple mais terriblement efficace : avant même la première note, nous sommes déjà entrés dans l’univers de RISE OF THE NORTHSTAR.

Puis les lumières s’éteignent.

Et la machine démarre.

ROTNS déclenche le chaos

Dès son entrée sur scène, RISE OF THE NORTHSTAR impose immédiatement sa puissance.

Le groupe possède aujourd’hui une identité tellement forte qu’il suffit de quelques secondes pour reconnaître sa signature : cette rencontre entre hardcore, metal, culture manga et esthétique japonaise qui accompagne la formation depuis ses débuts.

Mais derrière le concept visuel se trouve surtout une redoutable machine de scène.

La setlist est nerveuse, construite sans véritable temps mort et suffisamment équilibrée pour satisfaire plusieurs générations de fans.

Les nouveaux morceaux trouvent naturellement leur place au milieu de titres plus anciens, tandis que certains classiques provoquent instantanément une réaction massive du public.

Lorsque retentissent notamment « Again and Again » ou « Bosozoku », le 106 change encore une fois de visage.

Les refrains sont repris, les corps s’élancent et la fosse devient un mouvement permanent.

La salle entière semble alors fonctionner au rythme du groupe.

Une identité devenue marque de fabrique

Au fil des années, RISE OF THE NORTHSTAR a développé bien davantage qu’une simple esthétique.

Tout est désormais cohérent.

Les visuels, les introductions, les tenues, les références japonaises et naturellement la musique participent à la construction d’un univers immédiatement identifiable.

Sur cette tournée, la scénographie confirme cette volonté d’aller encore plus loin dans l’immersion.

Nous ne sommes plus seulement devant un concert.

Nous entrons pendant quelques dizaines de minutes dans le monde imaginé par le groupe.

Mais cette dimension spectaculaire ne vient jamais masquer l’essentiel : musicalement, ROTNS reste avant tout une formation construite pour le live.

Les riffs claquent, la section rythmique frappe lourdement et chaque morceau semble pensé pour provoquer une réaction dans la fosse.

Et ce soir-là, Rouen ne demande clairement pas mieux.

Avant le Zénith, une dernière ligne droite explosive

Cette date rouennaise possède également une saveur particulière.

RISE OF THE NORTHSTAR poursuit une trajectoire qui l’amène désormais vers des salles toujours plus importantes, avec en ligne de mire une étape symbolique : le Zénith de Paris en 2027.

Une forme de consécration pour un groupe français qui a progressivement imposé son identité bien au-delà de la scène hardcore hexagonale.

Et lorsque l’on observe la maîtrise déployée au 106, aussi bien musicalement que visuellement, on comprend que cette ambition ne tombe pas du ciel.

Le groupe possède aujourd’hui l’expérience, les morceaux et surtout cette capacité à transformer un concert en véritable spectacle.

Trois groupes, une montée en puissance parfaitement maîtrisée

Au final, cette soirée du 24 septembre aura fonctionné comme une véritable montée en régime.

BAD SITUATION avait pour mission d’allumer la mèche et l’a fait avec une énergie impressionnante pour un duo.

TEN56. a ensuite considérablement alourdi l’atmosphère avec une prestation brutale, technique et émotionnellement intense.

Et RISE OF THE NORTHSTAR est venu conclure la soirée avec toute la puissance de sa machine scénique, dans un univers japonais plus immersif que jamais.

Trois propositions différentes mais parfaitement complémentaires.

Et surtout une soirée durant laquelle la fosse du 106 aura rarement eu l’occasion de refroidir.

Rouen voulait du lourd.

Rouen a été servi.

live report - photo: Stephane Marry