Originaire de Toulouse, Bruit s’est imposé en quelques années comme l’un des projets instrumentaux les plus ambitieux de la scène post-rock française. Fondé en 2016 avec la volonté de s’affranchir des mécaniques commerciales du milieu musical, le quatuor façonne des œuvres où se croisent textures ambient, arrangements néo-classiques, envolées électriques et montées en tension proches du rock orchestral. Leur identité sonore, à la fois dense et introspective, les a déjà menés sur des scènes majeures, de tournées aux côtés d’Amenra et EZ3kiel jusqu’aux studios mythiques de KEXP où ils ont livré une session remarquée.
Leur dernier cycle créatif, amorcé avec The Age of Ephemerality, continue de consolider ce mélange singulier de contemplation et de puissance, une marque de fabrique qui fait de BRUIT un groupe à part — moderne, exigeant, en perpétuelle exploration.
C’est dans cet esprit, entre intensité sonique, sens du contraste et expérience sensorielle totale, que BRUIT est monté sur la scène du Le Tetris le 23 janvier 2026.
Et clairement, ce passage au Havre a confirmé tout ce qui fait la force du groupe, une musique immersive, un travail visuel millimétré et une capacité rare à suspendre le temps.
L’ambiance était électrique. BRUIT crée une atmosphère dense et immersive qui vous happe dès les premières notes. Le groupe maîtrise l’art du contraste sonore, oscillant entre des passages planants, presque contemplatifs, portés par le violon et le violoncelle, et des déferlantes saturées où les guitares électriques et la rythmique du batteur prennent le dessus avec une puissance impressionnante et percutante.
Sur scène, la lumière jouait un rôle crucial dans cette expérience sensorielle. Les jeux d’éclairages – ces faisceaux orangés, ces teintes turquoise et cyan – amplifiaient les montées en tension et soulignaient les ruptures musicales. Chaque musicien semblait totalement absorbé dans son univers, créant une synergie collective fascinante à observer.
Ce qui frappe, c’est cette capacité à nous faire voyager dans notre propre imaginaire. Le temps s’arrête, on se laisse porter. Leur musique évoque un croisement entre Cinematic Orchestra et Godspeed You! Black Emperor – une proposition qui ravira les amateurs de post-rock ambitieux et de compositions instrumentales sans concession.
Un concert qui ne laisse pas indifférent, où la virtuosité se met au service de l’émotion brute.L
