Main Stage 2 - Vendredi 19 juin 2026 - 20h00 / 20h55
l existe des groupes qui mettent tout le monde d’accord… et d’autres qui divisent profondément. Opeth appartient incontestablement à la seconde catégorie. On adhère totalement à cet univers si particulier ou, au contraire, on le trouve interminable et hermétique. Pour ma part, le choix est vite fait : j’adhère sans la moindre hésitation.
Pendant cinquante-cinq minutes, les Suédois ont transformé la Main Stage 2 du Hellfest en un véritable voyage psychédélique où le metal progressif prend toute sa dimension. Seulement cinq morceaux figuraient au programme, mais avec Opeth, chaque composition est une œuvre à part entière, évoluant sans cesse entre douceur mélancolique, envolées progressives et déflagrations métalliques.
Mené par l’incontournable Mikael Åkerfeldt, dont la voix alterne avec une aisance déconcertante entre chant clair chargé d’émotion et growls abyssaux, le groupe démontre une fois encore toute l’étendue de son savoir-faire. À ses côtés, Fredrik Åkesson déroule des soli d’une précision remarquable tandis que Joakim Svalberg enrichit les compositions grâce à ses nappes de claviers aux sonorités vintage. La section rythmique formée par Martin Méndez, impérial à la basse, et Waltteri Väyrynen, dont la frappe puissante mais subtile donne toute sa respiration aux morceaux, constitue une mécanique parfaitement huilée.
La setlist, volontairement resserrée, illustre parfaitement les différentes facettes du groupe :
- §1
- The Grand Conjuration
- §7
- The Drapery Falls
- Deliverance
Dès §1, le ton est donné. Le public entre progressivement dans cette atmosphère presque hypnotique où chaque changement de rythme semble raconter une nouvelle histoire. Avec The Grand Conjuration, la tension monte encore d’un cran, portée par des riffs massifs et un chant habité.
Puis vient The Drapery Falls, véritable monument du répertoire d’Opeth, qui plonge les festivaliers dans une émotion presque contemplative avant que Deliverance ne referme magistralement cette parenthèse. Son riff final, répété jusqu’à l’hypnose, agit comme une incantation collective, laissant la Main Stage suspendue entre fascination et extase.
À une époque où beaucoup de groupes cherchent l’efficacité immédiate, Opeth continue de prendre le temps de construire ses morceaux, de faire respirer sa musique et d’emmener son public dans un univers unique. Ce n’était pas simplement un concert : c’était une immersion, un voyage psychédélique au cœur d’un metal progressif aussi exigeant que fascinant.
Une prestation qui ne fera sans doute jamais l’unanimité… mais c’est précisément ce qui fait la force d’Opeth. Au Hellfest 2026, les Suédois ont rappelé qu’ils n’ont jamais cherché à plaire à tout le monde, seulement à rester fidèles à leur identité. Et c’est sans doute pour cela qu’ils continuent d’occuper une place à part dans le paysage du metal mondial.
Report et photo: vinzcharp
