Hellfest 2026 - Dimanche 21 juin 2026 - Valley
« DOWN n’a jamais cherché à surprendre. En clôturant le Hellfest 2026, le groupe a simplement rappelé à travers ce concert pourquoi « NOLA » demeure l’un des albums fondateurs du sludge Metal moderne. »
Il est 23h15 lorsque les lumières de la Valley s’éteignent une dernière fois. Après quatre journées intenses de concerts, de chaleur écrasante et d’émotions musicales, le Hellfest 2026 touche à sa fin. Pour refermer cette édition, l’organisation avait réservé un véritable monument du sludge metal américain : DOWN.
Un choix loin d’être anodin, tant la formation emmenée par Philip Anselmo occupe une place particulière dans l’histoire des musiques lourdes. Pourtant, le dilemme est immense pour les festivaliers comme pour la rédaction de Metal Décadence. Au même moment, The Offspring enflamme la MainStage 1 tandis que les maîtres norvégiens de Mayhemcélèbrent les ténèbres sous la Temple. Trois concerts majeurs programmés simultanément pour conclure le festival… Un véritable casse-tête.
Notre choix s’est finalement porté sur DOWN. Parce qu’il y a des groupes dont chaque apparition relève presque du rituel. Parce que la Valley est sans doute leur écrin naturel. Et parce qu’il était difficile d’imaginer une meilleure façon de refermer cette édition 2026 que sous une avalanche de riffs lourds venus tout droit de La Nouvelle-Orléans.
Quelques heures plus tôt, Scour, l’autre projet de Philip Anselmo, avait déjà marqué les esprits sur cette même scène avec un black metal abrasif. Changement total d’atmosphère désormais : place au groove pesant, aux guitares épaisses et à cette identité sludge qui a fait de DOWN l’une des références absolues du genre.
La nuit apporte enfin un peu de fraîcheur après plusieurs jours de canicule. Une fine poussière flotte toujours au-dessus du site, mais elle participe finalement au décor. Les silhouettes noires s’entassent devant la Valley, presque pleine pour cette ultime célébration. L’ambiance est parfaite.
Dès les premières mesures de « Lysergik Funeral Procession », le décor est planté. Les amplificateurs déversent immédiatement ce son massif, chaud et organique qui caractérise DOWN depuis ses débuts. Pas de longues introductions ni d’effets de manche : le groupe attaque frontalement et impose son rythme.
Très rapidement, le concert prend des allures de célébration de l’album « NOLA », véritable pierre angulaire du sludge metal moderne. Les classiques s’enchaînent avec une redoutable efficacité : « Lifer », « Hail the Leaf », « Pillars of Eternity », « Rehab » ou encore « Stone the Crow » rappellent pourquoi cet album demeure, près de trente ans après sa sortie, une référence incontournable.
Au centre de la scène, Philip Anselmo affiche une forme convaincante. Plus posé qu’à certaines périodes de sa carrière, il conserve néanmoins ce charisme unique qui captive instantanément le public. Son chant alterne puissance, mélodies rugueuses et cris déchirants avec une étonnante aisance.
À ses côtés, Pepper Keenan et Kirk Windstein forment toujours l’un des duos de guitaristes les plus complémentaires du metal sudiste. Chaque riff semble peser plusieurs tonnes, chaque accord fait vibrer le sol de la Valley. La section rythmique emmenée par Jimmy Bower et Pat Bruders installe quant à elle un groove implacable, véritable marque de fabrique du groupe.
DOWN ne cherche jamais à impressionner par une scénographie démesurée. Ici, tout repose sur l’essentiel : la puissance des compositions, l’expérience de musiciens qui jouent ensemble depuis des décennies et cette capacité à créer une atmosphère presque spirituelle autour de morceaux devenus cultes.
Les moments forts ne manquent pas. « Ghosts Along the Mississippi » déclenche une véritable communion entre le groupe et les festivaliers, tandis que « Stone the Crow » est reprise avec ferveur par une Valley entière qui chante à l’unisson. Les regards se croisent, les poings se lèvent, les têtes oscillent lentement au rythme de ces riffs devenus intemporels.
Puis vient l’inévitable conclusion avec « Bury Me in Smoke ». Fidèle à la tradition, le morceau se transforme progressivement en immense jam collective. Plusieurs invités rejoignent la scène dans une ambiance aussi festive que fraternelle, parmi lesquels Woody Weatherman, guitariste de Corrosion of Conformity. Les musiciens se répondent, improvisent, échangent leurs instruments sous les applaudissements nourris d’un public qui refuse de voir cette soirée s’achever.
Il n’y a ni artifices, ni pyrotechnie spectaculaire, ni écrans géants pour détourner l’attention. Seulement cinq musiciens qui célèbrent une musique sincère, lourde et profondément authentique. C’est précisément ce qui fait la force de DOWN depuis toutes ces années.
Verdict
DOWN n’a pas cherché à réinventer sa formule, et c’est probablement ce que le public était venu chercher. Le groupe a offert un concert solide, généreux et intensément humain, porté par une sélection de morceaux devenus des classiques absolus du sludge metal.
Pour refermer définitivement les portes du Hellfest 2026, la Valley a vécu une véritable grand-messe sudiste où le groove, les riffs massifs et l’émotion ont pris le dessus sur tous les artifices. Une conclusion à l’image du festival : authentique, passionnée et fédératrice.
Report: Bob
Photo: Vinzcharp
