Hellfest 2026 - Samedi 20 juin - Altar
Les grands moments du Hellfest se croisent parfois de manière presque irréelle. Alors que les MainStages rendent un hommage grandiose à Ozzy Osbourne dans une explosion de flammes, de pyrotechnie et de feux d’artifice, une autre cérémonie débute quelques centaines de mètres plus loin. Sous l’Altar, pas de démonstration spectaculaire : c’est Carcassqui s’apprête à entrer en scène, fidèle à son ADN, avec cette élégance clinique qui a fait sa réputation depuis près de quarante ans.
À la tête du groupe, Jeff Walker, chanteur et bassiste emblématique, apparaît comme à son habitude : cheveux courts, jean bleu, chemise sobre, sans artifice. Une simplicité presque déroutante pour l’un des pionniers du death metal britannique. Mais dès les premières notes de 1985, le ton est donné, Carcass n’a plus rien à prouver. Le groupe déroule son répertoire avec une précision chirurgicale.
Le public de l’Altar assiste à une véritable rétrospective de la carrière des Anglais. Les incontournables Buried Dreams, Incarnated Solvent Abuse, Corporal Jigsore Quandary ou encore Heartwork rappellent pourquoi Heartwork demeure une référence absolue du death metal mélodique. Les compositions issues de Necroticism – Descanting the Insalubrious, avec leur technicité et leurs structures complexes, trouvent toujours un écho impressionnant auprès d’un public de connaisseurs. La période plus récente est également représentée avec Unfit for Human Consumption et 316L Grade Surgical Steel, confirmant que l’album Surgical Steel s’est imposé comme un classique moderne du groupe.
Visuellement, Carcass reste fidèle à son identité développée depuis plusieurs tournées. Une scénographie volontairement minimaliste, baignée de lumières bleu électrique plongeant régulièrement vers le noir profond, enveloppe les musiciens dans une atmosphère froide et clinique. Une signature visuelle qui colle parfaitement à l’univers médical et anatomique qui accompagne le groupe depuis ses débuts.
Musicalement, impossible de prendre le moindre musicien en défaut. Les riffs légendaires de Bill Steer conservent toute leur finesse mélodique, tandis que la section rythmique propulse chaque morceau avec une précision redoutable. Le son est massif, parfaitement équilibré, permettant d’apprécier chaque nuance de ces compositions devenues des références pour plusieurs générations de groupes de death metal.
Au-delà de l’exécution irréprochable, un détail retient particulièrement l’attention : Carcass semble aujourd’hui plus détendu et plus communicatif qu’auparavant. Jeff Walker échange volontiers quelques mots avec le public entre les morceaux, esquisse plusieurs sourires et donne véritablement l’impression de savourer sa présence à Clisson. Cette proximité apporte une chaleur inattendue à une musique pourtant réputée pour sa froideur chirurgicale.
Pour ma part, quel plaisir de redécouvrir ces morceaux en concert. Derrière leur technicité impressionnante, ils n’ont rien perdu de leur efficacité ni de leur puissance évocatrice. Chaque riff, chaque accélération et chaque changement de rythme rappellent pourquoi Carcass reste l’un des groupes les plus influents de toute l’histoire du death metal.
Setlist
- 1985
- Unfit for Human Consumption
- Buried Dreams
- Incarnated Solvent Abuse
- Carnal Forge
- Embodiment
- Tomorrow Belongs to Nobody / Death Certificate
- Dance of Ixtab
- Genital Grinder / Exhume to Consume
- Foeticide
- 316L Grade Surgical Steel
- Corporal Jigsore Quandary
- Heartwork
- Carneous Cacoffiny
Report et Photo: Vinzcharp
